Paris, le 23 avril 2007
Cher René,
Nous sommes élus du 15ème arrondissement, nous vous connaissons bien. Nous considérons que vous êtes un monsieur respectable.
Nous vous reconnaissons bien volontiers d’avoir fait une belle et longue carrière. Ce parcours au long court, vous pourriez le terminer en beauté en respectant les statuts de l’UMP, en restant fidèle à votre famille politique et en approuvant la logique de renouvellement encouragée par Nicolas Sarkozy et voulue par une immense majorité de nos concitoyens.
A 75 ans, après 42 ans de mandat, visiblement vous avez décidé de choisir la dissidence. Ce choix nous attriste et nous préoccupe. Il nous attriste parce que votre vie politique méritait une meilleure sortie. Cette décision ne correspond pas à votre histoire. L’homme qui doit totalement sa carrière de parlementaire aux appareils politiques ne peut au crépuscule de celle-ci, se vouloir l’apôtre poujadiste anti-système.
Souvenez-vous de votre investiture en 1991. Le RPR vous avait investi contre Michèle Barzach. Cette investiture avait été faite sans fioriture, sans débat et sans processus démocratique. Aujourd’hui, à l’UMP les méthodes sont différentes. Le candidat investi, Jean-François Lamour, l’a été après un long processus démocratique et transparent.
Au début de cette procédure, il y a près de 3 ans, Jean-François Lamour avait pris soin de prendre conseil auprès des parlementaires du 15ème arrondissement, à l’époque aucun ne l’avait découragé, y compris vous-même. Le Conseil National comme le comité parisien de l’UMP ont confirmé successivement par une majorité écrasante sa désignation. Outre ces faits indiscutables, votre décision de maintenir votre candidature, nous préoccupe. Vous divisez la Droite en prenant le risque de faire gagner la Gauche.
Vous privilégiez vos intérêts personnels au détriment de l’intérêt général. A l’image de votre bilan à l’Assemblée Nationale, depuis votre dernière élection en 2002, vous n’avez rédigé aucun rapport, aucune proposition de loi, vous n’avez co-signé que des propositions rédigées par d’autres. Sur les trois dernières années, vous avez fait une seule intervention en séance. Vous avez été classé parmi les 50 députés les moins actifs. Ce classement a été effectué selon 5 critères : nombre d’interventions en séance, nombre de propositions de loi, nombre de rapports écrits, nombre d’amendements et nombre de questions écrites. Vous êtes classé 550ème sur 577 quant au nombre d’interventions dans l’hémicycle. Quant à votre activité au sein du conseil de Paris, elle est en tout point comparable à votre léthargie parlementaire.
Cher René, si vous n’avez pas été investi par l’UMP c’est parce que vous refusez toute logique de renouvellement et c’est aussi parce que ces trois dernières années vous n’avez cessé d’être en opposition avec la stratégie de Nicolas Sarkozy. Au vu de votre bilan à l’Assemblée, après avoir fait un mandat pour rien, nous vous conjurons de ne pas faire une campagne de trop. Il en va de l’image que vous laisserez auprès de tant d’amis. Il en va de l’avenir de notre cher 15ème. Il en va surtout de la majorité que nous voulons construire autour de Nicolas Sarkozy. Une majorité qui sera exigeante vis à vis de ses députés. Chacun devra être actif, combatif et créatif. Dans le 15ème sud, désormais nous avons besoin d’un député qui réponde à cette évolution souhaitable.
En conscience, avec gravité, nous vous appelons à faire vôtre l’élégance d’Edouard Balladur qui en décidant de ne pas se représenter déclarait « le renouveau des idées passe par celui des personnes ». Le 1er tour de l’élection présidentielle fut une éclatante démonstration de la volonté de renouvellement des Français. Maintenir votre candidature, c’est aller à l’encontre de cet engouement populaire. La retirer c’est permettre un vaste rassemblement dans le 15ème arrondissement où vos amis sont les bienvenus.
En espérant de votre part une position aussi honorable que responsable, nous vous prions de croire, cher René, en l’assurance de nos sentiments aussi sincères que respectueux.
Hélène Macé de Lépinay, Alain Destrem, Joëlle Chérioux, Ghislène Fonlladosa, Gérard Gayet, Claude Barrier, Gérard Sarracanie, Grégoire Lucas, Fabrice Rousseau, Marie-Céline Durand
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