Les idées mènent le monde ?
Je salue la naissance d'une belle initiative. Les trentenaires veulent participer au débat public et faire entendre leur voix avec le blog Générations d'Idées : http://generations-idees.typepad.com/.
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Je salue la naissance d'une belle initiative. Les trentenaires veulent participer au débat public et faire entendre leur voix avec le blog Générations d'Idées : http://generations-idees.typepad.com/.
... des observateurs étrangers. Voici des extraits d'un texte du journaliste Edward Hadas publié par Breakingviews très rafraîchissant mais aussi inquiétant : " (...) The proposed labour reform isn't terribly radical. It would make it a little easier for companies to hire young people, because the new workers would not receive the tremendous privileges of a permanent contract for the first two years of work. But it has provoked howls of fury, with opponents saying it's like putting youngsters into slavery.
A strong government might be able to push ahead regardless. But the current French government is anything but strong. President Jacques Chirac is ill and increasingly indecisive. One of his two squabbling presumptive heirs, Nicolas Sarkozy, the interior minister, was discredited by last November's slum riots. These student riots are undercutting the authority of the other, Dominique de Villepin, the prime minister. (...)"
Comme sûrement de nombreux français j'ai regardé le débat télévisé sur France 2 concernant le CPE. Je passerai sur les interventions affligeantes des responsables de l'UNEF et de la FIDL (surtout de cette jeune fille de 17 ans qui ne savait que crier et dire que personne n'aime la jeunesse... très constructif) pour m'attarder sur celles beacoup plus intéressantes du Président de Croissance Plus Geoffroy Roux de Bezieux (enfin un vrai patron qui s'exprime avec des mots simples), de Jean-Paul Brighelli auteur de "La fabrique à crétions" (enfin un enseignant qui dénonce la dérive du système de l'Education Nationale pris en otage par l'idéologie égalitariste depuis trop longtemps) ou encore de la jeune responsable de la coordination étudiante (un discours constructif et de vérité raffraichissant, une personne avec qui débattre).
Mais l'intervention peut-être la plus percutante a été celle de ce jeune français de "banlieue" parti travailler en Suède puis en Angleterre pour finir par y créer son entreprise. Il a tout simplement expliqué que "là-bas" il était plus simple de créer son entreprise, de trouver un emploi, et que la soi-disant précarité anglaise était une vue de l'esprit.... il a vanté, à peine à demi mot, la flexibilité du marché du travail (et donc de la législation du travail anglaise). Même Martine Aubry qui rebondisait sur des propos tenus par Jean-René Buission patron de l'ANIA et membre du MEDEF affirma qu'en Angleterre les patrons n'avaient pas de problèmes "psychologiques" pour embaucher....
Les intervenants présents hier sur le plateau et qui veulent du changement dans notre pays ont manqué ici une occasion incroyable ! En plein milieu de l'émission on se mettait à trouver le modèle anglais formidable ! Ce modèle tant décrié pour son soi-disant libéralisme sauvage, pour sa flexibilité outrancière, et sa pseudo précarité... Ils ont manqué l'occasion de pointer du doigt l'incohérence des anti-CPE. Ils rêvent de l'Angleterre et refusent plus de souplesse dans le droit du travail français. Je ne sais pas si ces intervenants s'en sont rendus compte mais le débat a failli "déraper" hier. Déraper en bien. Il aurait pu permettre de montrer aux Français que le modèle libéral anglais permet de créer des emplois. Enfin on aurait pu se rendre compte que la vraie précarité c'est celle du chômage, pas celle des emplois un peu moins "sûrs qu'auparavant".
C'est peut-être un début. Espérons que le débat reste sur ce terrain. Si la crise actuelle permet d'évoluer dans ce sens, ce sera déjà cela de gagner.
Certains aimeraitent voir dans la mobilisation étudiante et lycéenne contre le CPE un nouveau Mai 68. Pavés arrachés, facs sacagées, slogans trostkistes et anarchistes. Tout est là pour rappeler aux révolutionnaires en herbe de 68 leurs émois passés...
Mais loin de constituer le cri d'une jeunesse contre une société bloquée dans laquelle la jeunesse n'avait pas son mot à dire, ce qui était il faut le reconnaître le cas de la France des années 60, cette mobilisation tient plus du ridicule et de la manipulation que de la révolte sincère contre une société qui mettrait les jeunes au banc de la société.
Il est en effet affligeant de voir ces lycéens et étudiants rejeter un projet, qui n'a pas encore été testé, et qui permettrait à de nombreux jeunes actuellement au chômage de trouver un emploi, et surtout d'engranger de l'expérience professionnelle. Car c'est bien cela qui compte. Certains jeunes l'ont bien compris. J'en veux pour preuve les témoignages de certains jeunes dits "de banlieues" qui reconnaissent que le CPE, au moins, leur ouvre les portes du marché du travail.
Il est vrai que pour ceux qui manifestent l'essentiel n'est pas là. Il s'agit pour certains de se donner des frissons et de sécher "un peu les cours" comme le reconnaît une étudiante manifestante dans 20 minutes aujourd'hui, et pour d'autres, peut-être plus sincères, et sans doute pas complètement au fait de ce qu'implique réellement le CPE, de se révolter contre une société qui ne leur donne pas de perspectives.
Et justement il s'agit de cela. Quelles perspectives, quel projet pour notre pays, pour notre jeunesse ? Est-ce celui d'une société refermée sur elle-même, sur-protégée, où les emplois seraient tous subventionnés ? Ou celui d'une société ouverte qui donne à chacun les chances de la réussite (mais aussi de l'échec - le risque fait partie intégrante de la vie) ? On croit rêver lorsqu'on lit toujours dans 20 minutes ce matin le témoignage d'une lycéenne qui estime que les jeunes "ont besoin de stabilité" ! Quelle ambition ! Les jeunes devraient au contraire rêver, être prêt à prendre tous les risques pour réussir plutôt de que de prier pour plus de stabilité et de sécurité... Sans une jeunesse conquérante un pays est voué à décliner.
Le CPE n'est peut être pas LA solution contre le chômage des jeunes. Mais au moins accordons lui le bénéfice du doute et essayons le. Nous le jugerons sur ses résultats. Quant au Premier Ministre il devrait faire preuve d'encore plus de fermeté et siffler la fin de la récréation. La vraie démocratie c'est celle du parlement élu par les Français, pas celle de la rue manipulée et manipulable. Il serait grand temps que nos hommes politiques aillent pour une fois jusqu'au bout pour montrer qu'ils sont des hommes de gouvernement et endiguer ainsi le rejet de la classe politique aujourd'hui considérée comme sans courage et incapable de décider.
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